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Mexès : « Je me suis libéré »

Titulaire indiscutable avec l’AS Roma qui vient d’aligner onze victoires successives en Serie A (record battu), Philippe Mexès a retrouvé le groupe France, lundi à Clairefontaine. Après les galères de la saison passée, le défenseur central revit et il espère attraper le wagon de la Coupe du monde.
« Davantage un stoppeur qu’un libéro »
Philippe, vous voilà de retour à Clairefontaine avec les Bleus…
Oui. Le travail paie. Je remercie mes compagnons de la Roma parce que sans eux, je ne serai pas là aujourd'hui. Maintenant, c'est à moi de démontrer que je mérite cette convocation.
Pourquoi éclatez-vous depuis quelque temps à la Roma où vous êtes pourtant depuis 2004 ?
Je ne me suis pas éclaté dès le début mais je n'y suis senti bien rapidement. Il y a eu des épisodes assez délicats, sportifs et extra-sportifs. Mais le passé est le passé. L'essentiel est que je retrouve tout le plaisir que j'ai éprouvé avec Auxerre. A Rome, cette saison, on a des jeunes et une équipe stable. On n'a connu qu'un seul entraîneur. Je me suis libéré. Je me sens mieux même si je ne faisais pas partie des titulaires en début de saison. Maintenant je suis titulaire, j'espère que ça va continuer.
Comment avez-vous vécu ces galères, avec Guy Roux et ces changements d'entraîneurs ?
C'est beaucoup de choses en peu de temps. Ca a été difficile. Maintenant, j'essaie de faire abstraction le plus possible. Le plus dur, c'est qu'on te donne une image qui n'est pas forcément la tienne. Mais tu es obligé de faire avec car tu es un joueur et la raison du plus fort est toujours la meilleure. C'est Guy Roux et c'est toujours très difficile d'être en conflit avec lui. Je ne veux plus regarder derrière. Je suis jeune et je regarde devant moi.
Avez-vous douté ? Non, jamais. Même dans les moments difficiles. J'ai toujours été très bien entouré par ma famille, mes amis, mes proches et mon agent. Aujourd'hui, je les remercie tous. Ca a été des moments difficiles mais pas insurmontables. J'en suis sorti enrichi. J'ai beaucoup appris et j'aborde désormais les choses différemment.
Vous n'aviez pas pensé que cela serait dur ?
Si, je savais pertinemment que ça allait être très dur mais ça ne m'a pas fait peur et aujourd'hui, je n'ai aucun regret. Je travaille dans de très bonnes conditions. Je me sens très bien, je prends du plaisir à jouer. J'ai 23 ans, le jour ou je n'aurais plus de plaisir à jouer, j'arrêterai.
Vous vous êtes dit que vous feriez tout pour aller en équipe de France ?
Oui, surtout quand on y a goûté. Je suis très ravi d'être ici et je profite du moment présent.
Vous avez eu peur de rater le wagon des Bleus ?
Globalement, je l'ai raté. Deux ans sont passés, beaucoup de choses ont évolué, des titulaires ont progressé, des choix ont été faits. Ca ne dépendait que de moi car si ça passait bien avec mon club et que j'arrivais à sortir la tête de l'eau, j'avais plus de chances de retrouver ce groupe et Clairefontaine.
Avez-vous progressé depuis deux ans ?
Oui, sinon je me poserais des questions. J'ai beaucoup appris. Sur et en dehors du terrain. Je suis peut-être plus rigoureux qu'à Auxerre. Il faut être concentré pendant tout le match en Italie. En France, tu peux te permettre d'être absent cinq minutes. En Italie, c'est plus difficile. Je suis plus dur sur l'homme, plus concentré sur les attaquants. Je suis davantage un stoppeur qu'un libéro comme je l'étais à Auxerre. Mais je suis aussi très entouré. Il y a notamment Chivu à côté de moi. Notre force est d'être unis.
Quel pourcentage de chances vous donnez-vous d'aller au Mondial ?
Il est plus élevé qu'il y a six mois. Aujourd'hui, je profite pleinement d'être ici et je ferai tout pour intégrer ce groupe pour la Coupe du monde.
Etes-vous prêt à jouer à n'importe quel poste derrière ?
Oui. Les qualités de relance peuvent-elles jouer ? Je ne sais pas. Il y a de très grands joueurs dans cette équipe et je ne peux pas me permettre de dire que je mérite plus qu'un autre d'être dans ce groupe.
Vous êtes parti sur une image un peu écornée. Cette sélection pourrait-elle vous aider à retrouver de la crédibilité ?
Oui, c'est sûr. Les gens qui connaissent bien la personne de Philippe Mexès n'ont pas besoin de préjugés ou quoique ce soit. J'ai toujours eu un très bon rapport avec les supporters. J'avais cette appréhension de revenir en France et d'être accueilli sous les sifflets. Maintenant, c'est passé. Je n'ai pas peur parce que je sais que les gens ont une bonne image de moi.
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